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COMMUNIQUES DE PRESSE

Le 17 août 2004

Sur le chemin de l'harmonie ou de la destruction ?

Pour comprendre les aberrations du monde moderne, rien de tel que de se pencher sur les incongruités qui ont donné naissance à l'homme.

Le monde scientifique est en train de découvrir quelques vérités qui font si peu honneur à l'espèce humaine qu'il hésite à y croire. La comparaison entre la beauté des comportements des animaux sauvages et la laideur de très nombreux comportements humains, aurait dû depuis longtemps nous sauter aux yeux. Un seul exemple: amusez vous donc à comparer l'image idyllique d'un groupe de gorilles dans la forêt africaine et un groupe d'humains déambulant tristement dans les couloirs sales du métro parisien ou s'invectivant dans les embouteillages nauséabonds de la capitale. Pour nous faire un peu plus honte, Nicolas HULOT et bien d'autres s'escriment à nous montrer la beauté sauvage. Diane FOSSEY qui consacra sa vie aux gorilles fut tuée …… par des hommes. Tout cela s'explique si nous acceptons de dire la vérité sur nos origines.

Il semble bien en effet se confirmer qu'il y a 1 ou 2 millions d'années, 2 ou 3 espèces de singes vivant au cœur de l'Afrique, et plus précisément à l'Est de la Rift Valley , sont tombés par hasard sur des tubercules cuits, bien plus savoureux et plus facile à digérer que leurs aliments crus ordinaires. Volcans, nombreux dans la région, feux de forêt, peu importent les raisons de ces cuissons inhabituelles. Une chose est sûre, c'est que le fruit défendu a bien existé, et que nous y avons goûté. On le nomme d'ailleurs "Pomme en l'air" à La Réunion , sans trop savoir qu'il s'agit d'une variété de la célèbre Igname, largement consommée en Afrique encore aujourd'hui.

Mais qu'y a-t-il de si sordide dans cette affaire, et pourquoi cette pomme a-t-elle fait notre malheur ? Tout simplement parce qu'une bande de singes affamés s'est précipitée sur les restes calcinés d'une Igname. Ayant apprécié ce nouvel aliment et ne trouvant pas grand-chose d'autre dans cette région en cours de désertification, ces singes prirent l'habitude de rechercher en priorité ces tubercules cuits. Dans la Rift Valley , il y en avait suffisamment pour qu'au cours du million d'années qui a suivi cette première découverte de nos ancêtres, la morphologie de l'animal en soit affectée. Moins sollicité, son appareil digestif (mâchoire, viscères) s'est réduit, son cerveau a augmenté de volume. Après avoir failli mourir de faim, ce singe un peu dégénéré s'est habitué à la facilité et s'est mis dans une colère noire lorsque ses tubercules cuits préférés vinrent à manquer. Devenu jouisseur, il eut donc l'idée de les transporter sur la braise fumante puis, quelques centaines de milliers d'années plus tard, il eut une deuxième idée: transporter la braise elle-même. Ainsi naquit sans doute notre première guerre: la guerre du feu. Puis au fur et à mesure du développement de ce stupide cerveau, les guerres se multiplièrent. Aux guerres militaires ont succédé les guerres économiques ou politiques. Mais notre prodigieuse intelligence ne nous a toujours pas permis de retrouver l'harmonie du groupe de gorilles.

Dieu n'avait-il pas raison de nous interdire cette maudite pomme ?

L'homme a toujours pensé qu'il était supérieur à l'animal. Et pour étayer cette thèse, il a mis en avant la taille de son cerveau et le fruit de cette hypertrophie: l'intelligence. 

Nous ne connaissons pas la pensée des animaux, nous ne savons donc pas si elle est supérieure ou inférieure à la nôtre mais nous sommes capables de comparer les réalisations de l'homme et celles des animaux. Et dans ce domaine, notre supériorité nous paraît évidente. En réalité, nous avons seulement été capables de rompre un équilibre. Si l'homme n'existait pas sur Terre, l'équilibre entre les espèces serait parfait, l'harmonie, cette qualité de la nature sauvage qui nous séduit le plus, règnerait partout. L'homme se déplace à des vitesses fantastiques et construit des objets extraordinaires que pas un animal ne peut simplement imaginer. Tout cela nous distingue des animaux. Mais est-ce véritablement une supériorité ? Si le but d'une espèce vivante est de dominer et de détruire les autres espèces vivantes, alors oui, nous sommes les champions. Mais si le but d'une espèce vivante est de vivre en harmonie avec les autres espèces, alors nous sommes les derniers. Tout semble se passer comme si, à l'hypertrophie du cerveau, correspondait une hypertrophie de l'activité. Pour occuper ce cerveau sans doute trop imaginatif, nous serions devenus des boulimiques de l'action. Au temps des premières tribus d'hominidés, cela n'avait pas beaucoup d'importance. Les autres singes nous considéraient sans doute comme une espèce un peu bizarre mais nous étions à l'époque bien incapables de perturber durablement l'environnement des autres espèces vivantes. Les temps ont bien changé. Même si nous n'osons pas toujours l'avouer, nous savons aujourd'hui que la prolifération de l'homme est une catastrophe écologique. Nous envahissons de façon excessive la totalité de la surface de la planète et, du fait des outils sophistiqués que nous avons conçus, chaque individu voit son impact négatif sur l'environnement, augmenter. Peut-on encore dire aujourd'hui que cette hyperactivité du cerveau humain est une supériorité si cette caractéristique finit par représenter une menace pour l'équilibre biologique de notre planète, l'équilibre de la vie et, en définitive, menace l'existence même de notre propre espèce ?

Si la réponse est non, alors, il nous faudra malheureusement conclure que l'humain est un monstre et que son intelligence n'est qu'une manifestation de cette monstruosité. Si leurs propres vies n'étaient pas en danger, les autres animaux auraient un sourire un peu moqueur en me voyant écrie ces lignes. Une chose est sûre cependant, c'est que, consciemment ou pas, nous avons fait régner la terreur dans le monde vivant. Et ce monde attend avec impatience la manifestation de cette supériorité humaine, seule capable de faire mieux ou au moins aussi bien que la nature. Ce serait en effet nous renier nous-même que d'accepte que notre intelligence ne puisse nous mener ailleurs que sur les chemins du malheur et de la destruction. 

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