Bienvenue sur notre site

COMMUNIQUES DE PRESSE

5 décembre 1999

 ORGANISATION MONDIALE DU BONHEUR DES HOMMES

 

L’échec de la conférence de l’Organisation Mondiale du Commerce nous aura au moins fait toucher du doigt les véritables solutions à la crise mondiale actuelle.Comme toujours, les données globales du problème sont relativement simples: 6 milliards d’individus se partagent un certain nombre de milliards de dollars. La seule difficulté c’est que certains ne savent pas calculer ou veulent nous le faire croire, les autres ne veulent pas calculer correctement ou font semblant de ne pas savoir le faire.

En réalité l’homme ne se sert pas de son intelligence pour trouver la solution mais au contraire pour tromper le voisin, masquer les réalités, complexifier au maximum les situations en espérant à chaque fois tirer son épingle du jeu. (Il s’agit bien entendu de tonnes d’épingles en or).Il en va ainsi depuis que le monde est monde, me direz-vous. Dans le passé l’homme a été secoué par bien d’autres soubresauts. Oui mais la machine à laver les hommes et les cerveaux tourne aujourd’hui beaucoup plus vite et je ne sais pas si l’humanité de plus en plus nombreuse va supporter longtemps cette accélération des distorsions, des déchirements, des inégalités. Et puis, attention, nous jouons aujourd’hui avec autre chose que des frondes et des épées. Il suffit que quelques candides ou Thierry La Fronde dénoncent quelque part avec suffisamment de force les tromperies des grands acteurs du système, pour mettre le feu aux poudres. Cela s’est déjà vu dans le passé à plus petite échelle.

Il suffit qu’une nouvelle Jeanne d’Arc se dresse et s’écrie : " Mes amis, l’amour le bien-être et la paix sont à votre portée mais il faut vous battre pour l’obtenir " et vous verrez une escouade de José BOVE prendre d’assaut le système.Le récent fiasco de l’OMC est un signe fort. Cet avertissement peut vite se transformer en cataclysme car beaucoup comprennent déjà que le bonheur (ou le malheur) mondial est un simple problème d’organisation.
Si certains estiment que le mot " cataclysme " est exagéré ou hors de propos, c’est qu’ils ont oublié les leçons de l’histoire.

Il serait en effet souhaitable que l’humanité ne suive pas la trace de nos ancêtres qui n’ont su faire évoluer la société qu’à la faveur de révolutions le plus souvent sanglantes.La relative paix actuelle due, malheureusement davantage à la dissuasion nucléaire qu’a la véritable sagesse des hommes ne doit pas masquer les véritables problèmes, les très grandes tensions qui s’exercent de plus en plus fortement sur les hommes et sur les peuples. Il ne faut tout de même pas oublier que la tendance actuelle n’est pas du tout rassurante.Ce serait faire preuve d’angélisme que de fermer les yeux sur la dégradation des équilibres de la planète (déséquilibres de toute nature : économiques, sociaux, écologiques, etc.).

Il ne faut pas oublier que tous les processus actuels nous mènent vers un monde fortement inégalitaire. On a l’habitude de dire de façon un peu simpliste que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Pour être tout à fait exact il faudrait préciser que l’on assiste à une concentration des capitaux et donc des pouvoirs entre une quantité d’hommes de plus en plus réduite. On se retrouve donc aujourd’hui dans une situation mondiale très proche de la situation française en 1.789, c’est à dire une situation explosive.

Ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche, aurait dit Marie Antoinette. Imaginons un seul instant que cette phrase soit de nouveau prononcée aujourd’hui par une multinationale dans un pays sous-développé. L’explosion est inévitable.L’échec de l’OMC n’est pas le détonateur direct de cette explosion annoncée mais est le tournant qui oriente l’humanité vers moins de fatalisme, vers la prise de conscience des injustices. Cet échec est l’un des premiers signes que les dégradations actuelles de la santé du monde ne sont peut-être pas inéluctables. On pourrait s’en réjouir mais c’est bien lorsque l’homme perd son fatalisme qu’il se révolte.On peut souhaiter une nouvelle révolution mais en même temps on doit la craindre car ce serait sûrement un cataclysme. Je doute, malheureusement que l’on soit aujourd’hui capable de faire une révolution raisonnable. En tout état de cause, la seule façon d’éviter ce cataclysme c’est de l’annoncer, en espérant que, de peur de tout perdre, l’homme devienne enfin raisonnable.Cette façon de voir les choses, cette attitude, ce comportement est, me semble-t-il, une forme de dissuasion moins agressive que la dissuasion nucléaire.Encore faut-il, pour qu’il soit efficace, que ce discours soit entendu.

 

<<< Retour