COMMUNIQUES DE PRESSE
Le 24 janvier 2004
FORUM DE DAVOS
L 'ordre du jour du Forum Economique Mondial de Davos est une liste à la Prévert où l'on revoit, conjugués autrement, toujours les mêmes thèmes.
Une fois de plus on voudrait nous faire croire que le développement des pays riches est indispensable pour sauver les pays pauvres. Malgré les promesses faites, depuis plus de trente ans, l'écart entre riches et pauvres continue de se creuser. La vérité est plus cynique encore que le mauvais cinéma que nous jouent les pays les plus riches du Monde: "on ne peut pas développer les pays pauvres de façon rentable".
Si un pays pauvre prenait seul en main son destin, et si ce développement se faisait sur le mode "occidental", c'en serait fini de la supériorité actuelle des riches. Alors on le maintient dans la pauvreté tout en lui disant qu'on va l'aider à s'en sortir. Plus grave encore: à ce jeu dangereux, le monde occidental est en train de se piéger lui-même. Chacun sait que toute aide économique à un pays pauvre, se traduit par un développement qui n'est malheureusement que démographique. Le développement économique ne suit pas, parce que ce n'est ni l'intérêt, ni la volonté des riches. Cela crée dans le Monde des poches de mécontents de plus en plus importantes, cela induit le terrorisme.
Si le monde occidental veut éviter la catastrophe, il doit planifier une distribution plus équitable des ressources de la planète et du travail, il doit développer, non pas les flux financiers mais la transparence, l'éducation et l'information de tous sur la vérité des problèmes de la planète. Il faut arrêter de donner un bout de pain à l'esclave et se sentir le cœur léger parce qu'on a été charitable. Il faut émanciper tous les esclaves de la Terre. En retrouvant leur dignité, je suis sûr que tous les citoyens du monde auront, comme nous le souci de préserver le bateau sur lequel nous sommes tous embarqués. Si nous ne le faisons pas, l'équipage va se mutiner et faire couler le navire. S'il ne se mutine pas, mais que nous laissions évoluer le Monde selon la logique actuelle, il croulera sous la pression démographique des pays pauvres.