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COMMUNIQUES DE PRESSE

Le 9 août 2004

COMMERCE INTERNATIONAL DU SUCRE ET DU RESTE

La libre concurrence est une philosophie de riches. Il est absurde, par le biais de primes à l'exportation ou de barrières douanières de canaliser le flux des échanges mondiaux en fonction d'intérêts purement financiers.

Ce mécanisme inhumain fait d'énormes dégâts partout. Dans les pays riches, on berce d'illusion des générations d'agriculteurs qui produisent beaucoup trop cher mais parviennent à vendre tant que durent les subventions. Ensuite, c'est la faillite et la déchéance de toutes les filières subventionnées. Dans les pays pauvres où la machine n'a pas encore remplacé l'homme, la survie des populations est encore plus directement liée à la production et à la vente des produits agricoles, et c'est un crime encore plus odieux d'empêcher ces gens-là de vendre leurs produits. Dans ce cas les subventions aux pays riches sont aussi injustes que les barrières douanières abusives. Quelle est la solution ?

Il faudrait sans doute faire entrer un peu de morale, de solidarité et de justice dans les échanges internationaux. Il faudrait, non pas privilégier la concurrence et les échanges financiers, mais répartir le travail des hommes en priorité en fonction des besoins vitaux des populations. Puisque l'on sait admirablement jongler avec les mécanismes financiers de compensation, il serait extrêmement simple de privilégier la survie des populations dans le besoin, avant les intérêts purement financiers des nantis. La paix du monde est à ce prix, et ce n'est pas cher payé pour que règne l'amour le bonheur et la paix dans tous les foyers de la Terre. Boire un café produit par des femmes et des enfants faméliques devrait nous donner la nausée. Et que dire des pères ou des maris de ces malheureux qui ne pensent qu'à nous envoyer des bombes sur la tête ? Elle est très belle la devise des grands trusts commerciaux Japonais: "Servir le Monde par le commerce". On connaît les dérives de la grande distribution lorsqu'elle n'est pas canalisée par la morale et la justice. On connaît moins les grands crimes commis par le commerce mondial et les bénéfices financiers gagnés sur le dos des populations vulnérables. On voudrait bien oublier que la misère et l'injustice sont à l'origine des conflits les plus violents, mais l'actualité nous le rappelle chaque jour. Ceux qui larmoient en déplorant ces conflits sans rien faire contre la pauvreté, sont des hypocrites. La paix se construit chaque jour dans le cœur de tous les hommes. À la Réunion , la filière canne pose le problème un peu différemment et reflète toute l'ambiguïté de l'exception domienne. La Réunion n'est pas riche (tous les coupeurs de canne vous le confirmeront). La Réunion n'est pas pauvre non plus (demandez donc à un Mauricien ou un Malgache ce qu'il en pense). Alors, que faire ? Puisque nous sommes assurés de ne pas mourir de faim grâce à l'aide Européenne, la logique voudrait l'abandon d'une filière non-rentable sans subventions.

Il y a peut-être une issue pour sauver cette filière: l'exception cyclonique. La canne est en effet l'une des seule production agricole supportant les vents cycloniques. Et puis, c'est tellement joli une île toute verte !Malheureusement, il y en a d'autres qui rêvent de la couvrir de béton. L'enfer est pavé de bonnes intentions !

Abandonner la filière canne, je veux bien, à condition de transformer l'île en un beau jardin. Il y ferait bon vivre et les coupeurs de canne y gagneraient peut-être en devenant jardinier.

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